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Depeche Mode 1980 - 81

Depeche Mode : 1980-1981

Vince Clarke > On voulait être un peu comme les Cure ou Orchestral Manœuvres In The Dark ou The Human League de Basildon.

Martin Gore > Vince était le moteur du groupe, avec Andy, il avait formé Composition Of Sound, premier nom du groupe, je crois qu’ils m’ont pris parce que j’étais l’un des rares à avoir un synthétiseur à Basildon.

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Vince Clarke > On a vite réalisé qu’il nous fallait un chanteur, quelqu'un capable de sauter partout, pour attirer l’attention. Dave était l’ami d’un ami, et on l’a auditionné. On répétait dans une école de quartier, et il est venu.

Andy Fletcher > Vince était le chanteur auparavant mais il n’en pas très à l’aise, alors on lui a mis le grappin dessus. Dave avait un meilleur look que nous, il avait mille fois plus de contacts. Nous, on n’en avait pas.

Vince Clarke > On s’est dit : « Il fera l’affaire ».

Dave Gahan > C’était pratique car on pouvait aller partout avec ces petits claviers monophoniques sous le bras, même si on ne faisait pas de gros concerts à l’époque, ils étaient facilement abordables, on n’avait pas besoin d’un bon ampli. De toute façon, on n’était pas de bons guitaristes.

On n’a pas dit : « On va faire de la musique électronique », c’était pour des raisons pratiques, on jouait de ces instruments de façon très traditionnelle, il y avait un riff, une mélodie et une rythmique

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Daryl Bamonte (Tour manager & Band Assistant) > Je me souviens, entre autres, du Crocks, à Rayleigh, sans doute parce que c'est là qu'ils ont commencé à jouer. Ils ont joué quelquefois le samedi soir, quand le club à ouvert. Il y avait les gens du coin, notamment les amis de fac de Dave. Le groupe est vite devenu célèbre dans cette région

Dave Gahan > On est devenu le groupe du coin, on avait un groupe d'environ 50 personnes qui nous suivait jusqu'a Londres. on a crée une petite mode, sans en faire trop car c'étaient nos copains.

On est allé chez Rough Trade. Rough Trade était le dernier recours, le dernier endroit ou aller si on était vraiment désespéré. C'est ce qu'on pensait, par arrogance ou par naïveté. Ils avaient Cabaret Voltaire, et on faisait une musique accessible, une musique pop électronique accessible.

Vince Clarke > Dave et moi sommes allés voir tout les labels, on débarquait dans les services A&R et ils passaient notre cassette, on avait pas de rendez-vous. On est allés chez Island, RCA, toutes les grandes maisons de disques.

Dave Gahan > On avait une minicassette, et on insistait pour que la maison de disques la passe. Une fois sur deux, ils disaient : "Vous avez une vraie cassette ?". On répondait : "On ne sortira pas avant que vous passiez notre minicassette.". La plupart du temps, ils disaient : "Au revoir".

Mais Scott l'a passée. Il l'a mise sur un magnéto. Il tapait du pied. Vince et moi, on se disait : "On signe". A la fin, il à dit : "On ne fait pas vraiment ça à Rough Trade. mais le gars qui vient d'entrer"... Daniel Miller venait de rentrer dans la pièce brutalement.

Vince Clarke > Daniel a dit : "Non, pas intéressé" et il a disparu. Puis on a fait la première partie de Fad Gadget, à Canning Town. Il était là, Fad Gadget avait signé chez Mute. Il est venu en coulisses.

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Dave Gahan > On savait qu'il était là, il mixait le son de Fad, je crois. C'était plein à craquer. A la fin, Daniel est venu vers moi, car il pensait que c'était moi qui écrivais les chansons. J'ai dis : "Non, c'est le type dans le coin.". Il a parlé à Vince un instant, mais je lui ai battu froid. En fait, je lui ai dit d'aller se faire foutre. Mais il n'a pas abandonné.

Vince Clarke > Il a dit : "Vous voulez faire un single chez Mute Records ?".

Martin Gore > On était vraiment fans de Mute, ça a été une grande soirée pour nous. Ensuite, ça a été génial de rencontrer Daniel et de se voir proposer un single sur le champ.

Dave Gahan > Il voulaient qu'on signe un contrat horrible de dix albums, ça ne nous intéressait pas, on voulait juste faire un single.

Andy Fletcher : Bizarrement, on venait de la classe ouvrière de Basildon, on était fauchés et on a choisi le type qui ne nous proposait pas un sou. On lui faisait confiance et on aimait la musique sur son label. C'est l'une des meilleures décisions qu'on ait prises.

Daniel Miller > C'est devenu un défi parce que tout le monde leur avait dit que Mute était un joli petit label mais qu'ils n'auraient jamais de succès international. Je me suis dis : "Et merde, prouvons-leur à tous qu'ils ont tort, pourquoi n'en seraient t'ils pas capables ?". Les autres maisons de disques étaient vieux jeu et orientées vers la pop, et on travaillait différemment.

Dave Gahan > Il a dit : "Je paierai pour faire un single et je ferai de mon mieux, vous voulez quoi ?". On a dit qu'on voulait être dans les charts et à la radio et il a dit qu'il ferait de son mieux, alors on s'est lancé.

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Neil Ferris (Plugger) > On a sorti Dreaming Of Me, on s'est battu pour qu'il passe à la radio. Puis Roger Ames, du service A&R chez Phonogram à l'époque, a contacté le groupe et à voulu les signer. Dan était tranquillement assis dans un coin, je disais : "Restez avec Daniel, il va s'occuper de vous.".

C'était incroyable, Vince Clark qui était encore avec Depeche Mode a dit : "Si on fait Top of the Pops, on peut le faire l'après midi pour que je puisse rentrer en train a Basildon à tarif réduit ?"

Vince Clarke > Quand le single est arrivé dans les charts, en 100e position, on était stupéfaits, comme quand on l'a entendu la première fois à la radio, on n'y croyait pas, c'était incroyable.

Neil Ferris > Il ne s'est pas envolé dans les charts. Il n'a pas eu un énorme succès, mais rétrospectivement, ce premier album a posé les jalons, les bases de solides de ce qui suivrait. Si votre premier album remporte un succès phénoménal, votre carrière risque de ne pas être très longue.

Daniel Miller > On se disait tous que c'était un bon début, aucun de mes singles n'était arrivé dans les charts auparavant.

Martin Gore > C'était un véritable exploit d'atteindre la 57e place, on s'est alors rendu compte qu'en se concentrant sur le groupe et en larguant notre boulot, on y arriverait sûrement.

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Vince Clarke > Pour notre album. C'est Daniel qui a trouvé le titre "Speak & Spell", il s'était inspiré d'un petit jouer qui parle. On s'est demandé si ça poserait des problèmes, mais tout s'est bien passé.

Brian Griffin (Photographe) > On créait des pochettes d'albums sans idées préconçues, ce n'étaient pas des objets de marketing, j'ai fais des pochettes chez moi au dessus des radiateurs ou dans ma chambre

Dave Gahan > C'était une pochette saisissante, tout le monde en parlé. Pourquoi cet oiseau dans une boite en plastique ?

Brian Griffin > Je l'ai crée tout seul, sans l'aide de personne, je ne sais pas pourquoi j'ai mis un cygne empaillé recouvert de plastique. Aucune idée, et vous ? Encore aujourd'hui, les gens détestent cette pochette, c'est une pochette affreuse, et c'est pour ça qu'elle est célèbre.

Neil Ferris > New Life a vraiment tout changé, ça a été un immense succès, il a fallut se battre mais il est passé à la radio. Ils ont rompu avec la tradition, on a fait Tops of the Pops, ça a commencé à bouger. Le groupe aimé vraiment chaque second de New Life, c'était passionnant, ils avaient un hit et un album allait sortir après ça. Tout évolué dans la bonne direction.

Quand je suis passé à Top of The Pops, je bossais encore, on m'a traité de héros quand je suis arrivé, le jour suivant. A l'époque, Top of The Pops était très populaire. Je faisais mon mois de préavis.

Daryl Bamonte > Ils avaient un peu peur car New Life était numéro 11. Martin a dit a Daniel Miller : "On peut vraiment quitter notre boulot ?", Daniel a répondu : "Vous êtes en sécurité maintenant.".

Dan Silver (Live Agent) > Ce groupe était prêt à travailler dur, je ne voulais pas leur faire perdre leur temps avec des concerts inutiles, mais en même temps, je savais que c'était bien d'avoir beaucoup de concerts au calendrier.

Andy Franks (Tour/Production Manager) > Les gens venaient avec une drôle d'attente, c'était sûrement leur premier concert avec un groupe qui ne jouait pas d'instruments conventionnels sur scène. Les gens avaient donc une drôle d'attente par rapport à ce qu'ils allaient voir. On était un peu surpris en effet, on n'avait jamais fait de concert avec un groupe sans batteur. Dans un sens, l'installation était très simpliste.

Daryl Bamonte > Mais en même temps plus dure parce qu'on n'a pas l'aspect visuel du batteur et que les mouvements des gens aux claviers sont limités, tout reposait sur les épaules de Dave et il devait vraiment travailler la foule au corps. Il y avait bien sur la musique, mais aussi les concerts, ils ont acquis la réputation d'être vraiment bon.


En Novembre 1981, après la fin de la première tournée anglaise du groupe, Vince Clarke annonça officiellement qu'il quittait Depeche Mode

 

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